Arrivés dans le corridor, il fut stupéfait.
Ce tableau, au mur. Incroyable. Comment pouvait est-ce être si ressemblant. Il regarda le portrait. Longuement.
Non. Une illusion sans doute. La fatigue. Pourtant il aurait juré avoir vu un portrait de femme au mur, là, juste là.
Abasourdi et intrigué par l'étrange demeure, il continua néammoins la visite. Leur guide les entraîna vers la grande salle.
Et quelle grande salle!
L'hôte poussa deux lourdes portes en chêne massif largement ornées de dorures bien que décorées avec soin. Aussitôt, une lumière aveuglante envahit le vestibule.Contrairement à toutes les autres parties de la maison, ici les verrières laissaient pénétrer largement une franche lumière naturelle. Ils plissèrent les yeux afin de s'habituer à cette blancheur soudaine,et, quand ils purent enfin voir, ils découvrirent une large pièce à hauts plafond.
Des dizaines de colonnes s'étendaient de part et d'autre de la salle, la bâtisse semblait prendre d'autres dimensions.
Lui, nota que cette pièce était la seule de l'étage à être recouverte de parquet. Un magnifique parquet digne des salles de bal viennoises, à l'époque.
Il s'en souvenait d'ailleurs comme si c'était hier. Sa jeunesse dans les rues de Vienne, les matins brumeux, et la douceur de l'été. Et la musique.
Il aimerait l'entendre à nouveau, cette musique...il aurait voulu s'imprégner de l'odeur, des saveurs, des couleurs de sa patrie. Avant de la quitter.
"Ici, mes chers, vous pouvez aisément imaginer les grandes réceptions que donnaientt monsieur et ses dames.
De ce côté étaient disposées les tables, de magnifiques tables rondes spécialement importées de chine, si finement sculptée,... vous les verrez tantôt, mais venez par ici, approchez! Imaginez à l'époque, les demoiselles allant et venant de toutes parts, voyez, juste là, au son de la musique. Pouvez vous voir l'estrade là bas? On y invitait souvent un orchestre. Jamais le même. Monsieur détestait la répétition, il lui fallait de la nouveauté vous savez, tellement de nouveauté! Et ces dames. Toujours magnifiquement apprêtées, elles étaient toutes charmantes, et aimantes.
Chacune prenait un soin méticuleux à la préparation de ces réceptions, tout devait être parfait. Le moindre détail avait son importance."
Cette dernière réflexion plongea l'un dans une rêverie, il s'imaginait, heureux, dans cette demeure. Malgré un côté perturbant, ce manoir l'attirait. Irrémédiablement. Tandis que le second restait perplexe quand à l'état de cette maison. Incroyable. Une telle conservation, elle était intacte.
Comme si rien ne s'était arrêté, comme si le maître des lieux était toujours en vie. Comme si rien n'était arrivé...